Vous vous retournez dans votre lit, vous levez la tête pour attraper un objet en hauteur, et soudain la pièce se met à tourner. Le vertige dure quelques secondes, parfois moins d'une minute, puis disparaît. Il revient à chaque fois que vous refaites le même mouvement. Ce tableau correspond le plus souvent au vertige positionnel paroxystique bénin, abrégé VPPB.
Ce qui se passe dans l'oreille interne
L'oreille interne contient de minuscules cristaux de carbonate de calcium, les otolithes, normalement fixés dans une zone précise. Ils participent à la perception de la gravité et des accélérations. Parfois, certains se détachent et migrent dans l'un des canaux semi-circulaires, qui servent à détecter les rotations de la tête. Lorsque la tête bouge dans certaines positions, ces cristaux se déplacent dans le canal et envoient au cerveau un faux signal de rotation : c'est le vertige.
Le VPPB est la cause la plus fréquente de vertige d'origine vestibulaire. Il touche davantage les personnes de plus de 50 ans, mais peut survenir à tout âge, parfois après un choc à la tête ou une période d'alitement.
Spectaculaire ne veut pas dire grave : le VPPB est bénin et se traite très bien.
Comment on le diagnostique
Le diagnostic repose sur l'histoire des symptômes et sur des tests de positionnement réalisés au cabinet. En plaçant la tête dans des positions précises, on reproduit brièvement le vertige et on observe les mouvements caractéristiques des yeux, ce qui permet d'identifier le canal concerné. Aucun examen d'imagerie n'est nécessaire lorsque le tableau est typique.
Le traitement : des manœuvres de repositionnement
Les recommandations de pratique clinique publiées en 2017 sont claires : le traitement de première intention repose sur des manœuvres de repositionnement. Il s'agit d'une séquence de positions de la tête et du corps qui guide les cristaux hors du canal où ils gênent. La manœuvre la plus connue, pour le canal le plus souvent touché, est la manœuvre d'Epley.
Ces manœuvres sont efficaces dans une grande majorité des cas, souvent en une à trois séances. Un léger inconfort ou une sensation d'instabilité peut persister quelques jours après. Les recommandations déconseillent l'usage systématique de médicaments contre le vertige, qui n'agissent pas sur la cause.
Quand le vertige n'est pas un VPPB
Tous les vertiges ne sont pas positionnels et bénins. Consultez un médecin sans attendre si le vertige s'accompagne :
- d'un mal de tête brutal et inhabituel ;
- de troubles de la parole, de la vision, d'une faiblesse ou d'un engourdissement d'un côté du corps ;
- d'une difficulté à marcher ou à tenir debout qui ne cède pas ;
- d'une baisse brutale de l'audition ;
- d'un vertige continu pendant des heures, sans lien avec les mouvements de la tête.
En pratique
- Un vertige bref, déclenché par un changement de position, évoque un VPPB.
- Faites-le confirmer par votre médecin, qui orientera vers une rééducation vestibulaire.
- Les manœuvres de repositionnement règlent souvent le problème en quelques séances.
- En cas de récidive, ce qui arrive chez certaines personnes, le même traitement fonctionne à nouveau.
Sources
- Bhattacharyya N, et al. Clinical Practice Guideline: Benign Paroxysmal Positional Vertigo (Update). Otolaryngol Head Neck Surg 2017;156(3 Suppl):S1-S47. Lien
- Hilton MP, Pinder DK. The Epley (canalith repositioning) manoeuvre for benign paroxysmal positional vertigo. Cochrane Database Syst Rev 2014;12:CD003162. Lien