Presque tout le monde aura mal au bas du dos au moins une fois dans sa vie. Dans l'immense majorité des cas, il s'agit d'une lombalgie dite commune : une douleur réelle, parfois très intense, mais sans lésion grave sous-jacente. Ce qui fait la différence pour la suite, c'est souvent la façon dont on réagit les premiers jours.
Ce que disent les recommandations
La Haute Autorité de santé a publié en 2019 ses recommandations sur la prise en charge de la lombalgie commune. Le message principal est clair : le repos au lit n'est pas recommandé, et le maintien des activités quotidiennes, y compris le travail lorsque c'est possible, favorise la récupération. Les grandes revues internationales publiées dans The Lancet vont dans le même sens et alertent sur le recours excessif à l'imagerie, aux traitements passifs et aux médicaments puissants.
L'exercice physique est le traitement dont l'efficacité est la mieux établie pour la lombalgie qui dure. Aucune forme d'exercice ne s'est montrée nettement supérieure aux autres : renforcement, Pilates, marche, natation, l'essentiel est de bouger régulièrement et de progresser.
Pourquoi la douleur ne veut pas dire danger
Une douleur intense fait naturellement penser à une lésion grave. Pourtant, l'intensité de la douleur lombaire n'est pas un bon reflet de l'état des structures du dos. Le stress, le sommeil, la fatigue, la peur de se faire mal et le niveau d'activité influencent fortement ce que l'on ressent. Les images d'IRM, elles, montrent fréquemment des anomalies chez des personnes qui n'ont aucune douleur : une hernie ou une discopathie visible sur un examen n'explique pas forcément les symptômes.
Le dos est une structure solide, faite pour bouger et porter des charges.
Comprendre cela aide à sortir de la peur du mouvement, qui est l'un des principaux facteurs de passage à la chronicité.
Les premiers jours
- Restez actif autant que la douleur le permet : marchez, poursuivez vos activités en les adaptant.
- Changez souvent de position plutôt que de rester figé.
- Reprenez progressivement les gestes qui font peur (se pencher, porter), d'abord avec peu de charge.
- Le sport n'est pas interdit : adaptez l'intensité, privilégiez les activités qui vous font du bien.
Quand consulter rapidement
Certains signes, rares, imposent un avis médical sans attendre : une perte de force dans une jambe, des troubles pour uriner ou une perte de sensibilité au niveau du périnée, une fièvre associée, une douleur qui ne varie jamais avec les positions et réveille la nuit, un amaigrissement inexpliqué, ou des antécédents de cancer. En dehors de ces situations, une lombalgie commune s'améliore le plus souvent en quelques semaines.
Et la kinésithérapie ?
Lorsque la douleur dure, revient régulièrement ou vous empêche de reprendre vos activités, un programme d'exercices encadré est utile. Le bilan initial permet d'identifier ce qui entretient la douleur (peur du mouvement, déconditionnement, charges de travail ou d'entraînement inadaptées) et de construire une progression vers vos objectifs, qu'il s'agisse de porter vos enfants, de tenir une journée de travail ou de reprendre la compétition.
En pratique
- Ne restez pas allongé : bougez, même un peu, plusieurs fois par jour.
- Évitez de multiplier les examens d'imagerie en l'absence de signes d'alerte.
- Reprenez vos activités progressivement, sport compris.
- Si la douleur dépasse quelques semaines, misez sur un programme d'exercices régulier.
Sources
- Haute Autorité de santé. Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune. Recommandation de bonne pratique, 2019. Lien
- Foster NE, et al. Prevention and treatment of low back pain: evidence, challenges, and promising directions. Lancet 2018;391:2368-2383. Lien
- Hayden JA, et al. Exercise therapy for chronic low back pain. Cochrane Database Syst Rev 2021;9:CD009790. Lien